La Nouvelle-Aquitaine soutient la digitalisation du commerce local avec une offre préférentielle

La Nouvelle-Aquitaine soutient la digitalisation du commerce local avec une offre préférentielle

Ma Ville Mon Shopping a été sélectionnée par la Région Nouvelle-Aquitaine dans le cadre d’un appel à manifestation d’intérêt. Ainsi en 2021, grâce au concours financier de la Région, les commerçants et artisans des territoires partenaires de Ma Ville Mon Shopping en Nouvelle Aquitaine peuvent bénéficier de conditions d’accès préférentielles.

Étapes clés de la mise en place du dispositif d’aide en faveur de la digitalisation du commerce local en Nouvelle-Aquitaine

  • Mars 2020 : premier confinement et émergence d’initiatives visant à soutenir les commerçants locaux (type annuaires de mise en relation).
  • Avril 2020 : lancement d’une étude afin de cartographier l’offre des places de marché pour mettre en place une politique régionale afin d’accélérer les ventes en ligne des commerçants et artisans.
  • Octobre 2020 : adoption du plan de relance.
  • Novembre 2020 : mise en place du dispositif d’aide à la digitalisation du commerce local suite à l’annonce du 2ème confinement.

Rappel de l’offre préférentielle :
la gratuité des frais de commission* (au lieu de 5,5% HT)
et la gratuité des frais de livraison de proximité La Poste* (au lieu de 5€ TTC)
(*dans la limite des 40.000 premières commandes et des 10.000 premières livraisons sur l’ensemble de la Région et dans la limite de 500€ par commerce)

  • Objectifs 2021 : distribuer environ 700 chèques e-commerce pour un budget de deux millions d’euros.
  • Le mot de Mme PETIT : « Je dirais que le premier confinement à été la prise de conscience sur le fait que le numérique était très utile. Pour le deuxième confinement, nous sommes passés de la prise de conscience à la prise de décision et pour le troisième confinement, nous sommes dans la mise en œuvre ! Nous sommes vraiment sur un mouvement de fond, car nous recevons des demandes d’aides tous les jours, cela ne désemplit pas ».

Bonjour Mme PETIT, vous êtes Directrice Adjointe à la Délégation Numérique de la Région Nouvelle-Aquitaine. Depuis quand occupez-vous cette fonction et en quoi consiste-t-elle ?

Anne-Cécile PETIT Directrice Adjointe à la Délégation Numérique de la Région Nouvelle-Aquitaine

J’occupe ce poste depuis juin 2019. Je suis notamment chargée de piloter les volets numériques des plans de relance de la Région Nouvelle Aquitaine. J’ai également été en charge du plan d’urgence du mois de novembre où l’on a accéléré la mise en œuvre de notre action sur les places de marché avec un programme d’accompagnement des commerçants et des artisans dans leur stratégie de digitalisation.

La Région Nouvelle-Aquitaine est très attractive pour le numérique avec 7 French Tech. Comment s’organise la Délégation Numérique ? Quel est son rôle ?

La Délégation Numérique a un champ d’intervention très large, elle est rattachée au pôle économique et environnemental de la Région Nouvelle-Aquitaine. Elle a quatre axes d’interventions : 

  • l’aménagement numérique du territoire;
  • la transformation numérique des entreprises et des principaux secteurs économiques;
  • le soutien à l’innovation numérique;
  • l’animation de la filière numérique.

Dans le cadre du plan de relance numérique, la Région Nouvelle-Aquitaine a adopté 3 plans de relance dont un plan d’urgence le 16 novembre 2020 en faveur de la digitalisation du commerce local. Quelles ont été les différentes étapes de mise en place du dispositif ?

Lors du premier confinement (mars 2020), nous avons vu émerger des initiatives qui visaient à soutenir les commerçants qui faisaient l’objet de fermetures administratives, pour leur faire gagner en visibilité. À ce titre, nous avons surtout vu la naissance d’annuaires ou de mises en relation.

En parallèle, notre Agence de l’Alimentation Nouvelle-Aquitaine (AANA) a également répondu à un besoin en lançant un mouvement de solidarité envers les producteurs et artisans locaux. Cependant, c’était relativement frustrant puisque nous ne pouvions pas finaliser la démarche, c’est-à-dire passer commande. C’est pourquoi dès le mois d’avril 2020, nous nous sommes penchés sur les places de marché.

Nous sommes aujourd’hui la seule collectivité à avoir lancé une opération avec des places de marché privées afin d’abaisser les frais de participation des entreprises à ces places de marché.

Nous avons donc réalisé une étude afin de cartographier l’offre des places de marché pour mettre en place une politique régionale afin d’accélérer les ventes en ligne des commerçants et artisans. Cette étude nous a permis de relever plusieurs points, notamment le fait qu’il n’y ait que très peu de places de marché actives en Nouvelle-Aquitaine tant d’un point de vue de la couverture géographique, que de la couverture sectorielle. Ce sujet a donc été poussé pour être inscrit dans le plan de relance qui a été adopté en octobre 2020, et qui devait être mis en place sur la fin d’année. Mais le second confinement a totalement accéléré notre calendrier ! Nous sommes aujourd’hui la seule collectivité à avoir lancé une opération avec des places de marché privées afin d’abaisser les frais de participation des entreprises à ces places de marché.

Qu’est-ce qui était mis en place jusque là pour les professionnels qui souhaitaient se digitaliser ?

Nous avions déjà des programmes d’aide à la transformation numérique (accompagnement de type diagnostic à la maturité numérique et accompagnement à l’élaboration d’un plan d’action / accompagnement de type financement d’un plan d’action) des entreprises de type PME en place avant tous ses confinements. 

Qu’est-ce qui est mis en place dans le dispositif actuel ? Qui concerne-t-il ? Quelles sont les aides apportées ?

Courant 2020, ses programmes se sont ouverts aux TPE. Nous avons négocié un accompagnement avec les deux réseaux consulaires (Chambre des Métiers et Chambre de Commerces) avec un programme uniforme. En clair, pour bénéficier de notre programme de financement, il fallait un investissement d’au moins 10 000€ pour pouvoir prétendre à subvention de l’ordre de 50%. 

Mais avec le second confinement, nous avons choisi d’abaisser notre seuil d’intervention afin d’avoir une cible de bénéficiaires beaucoup plus large (commerçants et artisans de moins de 10 salariés notamment). De ce fait, nous avons revu notre programme d’accompagnement avec les réseaux consulaires afin de créer un programme d’accompagnement e-commerce plus simplifié et entièrement axé sur le levier commercial et le levier de la relation client. Ce nouveau programme permet d’accéder à un nouveau dispositif de financement qui s’appelle le chèque e-commerce, où il faut désormais un investissement d’au moins 2 000€ pour y prétendre. Nous avons donc un dispositif de financement pour des investissements compris entre 2 000€ et 10 000€. 

Quel est le montant des fonds alloués pour le dispositif de chèque e-commerce ?

En termes de fonds alloués pour le chèque e-commerce qui est actionnable depuis le début de l’année 2021, nous avons calibré notre dispositif sur un montant de deux millions d’euros, sur un an dans le cadre de notre plan d’urgence, pour une cible d’environ 700 chèques distribués. Actuellement, nous sommes à 355 chèques distribués pour un montant d’environ un million d’euros.

Dans le cadre de l’Appel à Manifestation d’Intérêt de la Nouvelle-Aquitaine, vous avez lancé un appel à projets pour collaborer avec des places de marchés,  quels ont été vos critères de sélection ?

Nous avions plusieurs objectifs pour ce dispositif de places de marché, dans un premier temps, nous souhaitons soutenir l’activité des commerçants et artisans de Nouvelle-Aquitaine en maximisant leurs ventes en ligne et dans un second temps accélérer la digitalisation de ces typologies d’entreprises.

Pour être sélectionnée, il fallait être une place de marché privée qui avait fait la preuve de son acquisition client, qui agissait à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine et qui rentrait dans le cadre que l’on exigeait à savoir, offrir des remises tarifaires, embarquer au moins 50 commerçants au lancement et offrir en renfort de formation et d’accompagnement des commerçants dans la durée pour améliorer leurs performances commerciales.

Parmi les marketplace locales votre choix s’est porté entre autres sur Ma Ville Mon Shopping, pourquoi ?

Ma Ville Mon Shopping a la particularité d’être à la place une place de marché territoriale qui agit au niveau national mais dans une logique de proximité. C’est également une solution clé en main robuste intégrant la logistique.

Ma Ville Mon Shopping a la particularité d’être à la place une place de marché territoriale qui agit au niveau national mais dans une logique de proximité. C’est également une solution clé en main robuste intégrant la logistique. C’était un point clé des fonctionnalités qu’on pouvait attendre d’une place de marché. L’utilisation et la navigation est relativement simple pour un commerçant dont la maturité digitale est plutôt faible. Le modèle d’accompagnement mis en place avec les collectivités nous permettait de penser que c’était un bon tremplin pour commencer !

Je suis un(e) commerçant(e) de Nouvelle-Aquitaine et je souhaite digitaliser mon activité : quelles sont les démarches à effectuer ? Sous quelles conditions ? Quels sont les délais ? Quel est le coût ?

Pour entrer dans le programme d’aide à la digitalisation et prétendre au chèque e-commerce, il faut être une TPE ou une PME. Puis le passage obligé est de prendre rendez-vous avec son conseiller numérique dans un réseau consulaire. Celui-ci les guidera ensuite dans la mise en place. Nous n’avons pas vraiment de délai à communiquer puisque cela dépend des départements. En termes de coût, il faut être en capacité d’investir entre 2 000€ et 10 000€ pour être éligible.

Combien avez-vous enregistré de demandes depuis la mise en place de ce plan de relance numérique ? Quel est le pourcentage de progression par rapport à 2019 ?

Nous avons environ 1 000 dossiers en cours d’accompagnement et nous avons pour le moment accepté 355 aides financières. Notre dispositif actuel n’est pas vraiment comparable avec celui de 2019, puisque les TPE ne faisaient pas partie du programme. Aujourd’hui nous intervenons principalement auprès de TPE.

Quels sont vos objectifs pour 2021 ?

Notre objectif pour 2021 est d’arriver à distribuer environ 700 chèques e-commerce pour notre budget de deux millions d’euros.

Vous avez mis en place un portail numérique Transfonum, quelle est sa vocation ?

Il a deux missions :

  • orienter le demandeur pour identifier le dispositif qui lui est le mieux adapté selon sa taille, son secteur d’activité…
  • mettre en relation les entreprises avec des prestataires de développement de prestations numériques.

Le portail est à la fois un guide des aides et un annuaire pour les professionnels.

Un an après le début de la crise sanitaire et après 3 confinements, quels enseignements en tirez-vous ?

Nous sommes vraiment sur un mouvement de fond, car nous recevons des demandes d’aides tous les jours, cela ne désemplit pas.

Je dirais que le premier confinement à été la prise de conscience sur le fait que le numérique était très utile. Pour le deuxième confinement, nous sommes passés de la prise de conscience à la prise de décision et pour le troisième confinement, nous sommes dans la mise en œuvre ! 

En comparaison avec tous les mois de l’année 2020, en novembre, nous avons connu une grande vague de demandes d’aides à transformation numérique. C’est pour ça qu’il a été nécessaire de créer un nouveau dispositif afin de mieux répondre à la demande. Nous sommes vraiment sur un mouvement de fond, car nous recevons des demandes d’aides tous les jours, cela ne désemplit pas. 

Retrouvez toutes nos interviews ici.

Manon Guyonnaud

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